Pourquoi vendre en viager ?

vendre en viager

Vendre en viager permet de s’assurer une rente jusqu’à la fin de ses jours. Les revenus procurés par la vente en viager sont généralement plus importants que si le logement était mis en location. Le viager peut être libre ou occupé.

Si le vendeur occupe le logement à la vente, il est assuré de pouvoir continuer à l’occuper aussi longtemps qu’il le désire. Le montant de la rente tient compte de l’occupation ou non du logement.

Si le logement est loué à un tiers au moment de la constitution du viager, les loyers sont perçus par l’acheteur sauf si le vendeur demande de conserver l’usufruit de ce bien.

En ce qui concerne les réparations, charges et impositions, il existe quasiment les mêmes obligations entre l’acquéreur et le vendeur qu’entre un propriétaire et un locataire. Cette répartition pourra être précisée dans le contrat.

INFOS

Le mot viager tire son origine de  » viaje  » qui signifie en vieux français  » temps de vie « . Le contrat de rente viagère figure, comme le contrat d’assurances, le jeu et le pari dans la catégorie des contrats dits  » aléatoire  » (article 1964 du code civil). La vente immobilière doit résulter d’un acte notarié.

Aujourd’hui 20% de la population française à plus de 60 ans. Dans vingt ans, ce sera 25%. La vente en viager permet d’améliorer de façon significative la retraite, alors que nos régimes de retraite connaissent leurs limites. De plus la vente en viager permet de rester chez soi, sans changer ses habitudes de vie .

Il est possible de proposer un bien en viager occupé à tout âge (légalement), mais dans la pratique un minimum de 70 ans pour les hommes et de 75 ans pour les femmes est nécessaire pour trouver un acquéreur dans de bonnes conditions sauf cas particulier (limitation de l’occupation ou du paiement des rentes dans le temps, emplacement exceptionnel).

Le vendeur dispose d’un droit d’usage et d’habitation exclusivement personnel sa vie durant ou pendant une durée déterminée. Il continue à payer la taxe d’habitation, les charges locatives et une partie de l’impôt foncier tant qu’il occupe les lieux. Le crédit rentier ne peut céder ni louer son droit à quiconque (Article 631 du code civil).

La réserve d’usufruit (réglementée par les articles 578 et suivants du code civil) est le droit de jouir d’une chose dont un autre est propriétaire. Dans ce cas le crédit rentier peut louer le bien, mais cette réserve est de plus en plus rare car les acquéreurs ne veulent pas prendre le risque de se trouver avec un locataire dans leur propriété. Dans tous les cas l’occupant doit d’après la loi jouir de son bien en  » bon père de famille « , Il ne peut modifier la destination de l’immeuble, il doit répondre de toute négligence, dénoncer toute usurpation ou dégradation au propriétaire.

Le crédit rentier peut à n’importe quel moment renoncer à ce droit et laisser la jouissance du bien à son acquéreur, en contrepartie la rente est majorée selon un barème dégressif dans le temps (25% d’augmentation de 0 à 5ans, 20% de 5 à 10 ans et 15% au-delà de 10 ans)

Il existe également des contrats limitant la durée de paiement à un nombre d’année déterminée le jour de la signature de la vente, c’est ce que l’on appelle une rente certaine, dans ce cas la rente est payable jusqu’au terme du contrat. Dans ce cas le vendeur doit prévoir la cessation du paiement de la rente sans que cela n’ait de conséquence néfaste sur son train de vie

Il est possible de vendre en viager sur la  » tête  » d’un tiers qui n’a aucun droit de jouir du bien (très rare) article 1971 du code Civil.

Le crédit rentier n’a plus à sa charge :

  • L’impôt foncier (sauf une petite partie qui est la taxe des ordures ménagères)
  • Les honoraires du syndic
  • L’assurance de l’immeuble

Les gros travaux (ravalement, toiture, cage d’escalier, moteur de l’ascenseur) ainsi que tout ce qui peut être voté en assemblée des copropriétaires

REGIME FISCAL ET FRAIS DE LA VENTE

Avantages fiscaux sur les rentes : article 158-6 du code général des impôts

  • Abattement de 60% avant 69 ans (vous déclarez 40% de la rente annuelle)
  • Abattement de 70% à partir de 69 ans (vous déclarez 30%)
  • Abattement de 100% pour les rentes certaines assimilable à un crédit (Vous ne déclarez rien quel que soit votre âge).

La totalité des droits d’enregistrement, des frais de notaire, de l’inscription hypothécaire est payable par l’acquéreur.

Les honoraires de l’agence sont à la charge de l’acquéreur ou du vendeur selon l’usage. Exonération de droit de succession entre époux ou héritiers en ligne directe sur la rente, celle-ci est réversible en totalité au dernier survivant à titre gratuit. (Article 793 1-5 du code Général des impôts).

PLUS VALUE

La plus-value, dans ce domaine, est la même que dans toute vente immobilière classique : pas de plus-value si le bien vendu est la résidence principale depuis au moins deux ans, ou si le vendeur est propriétaire depuis plus de vingt-deux ans (en réalité 16 ans suffisent avec les différents abattements et les coefficients d’érosion monétaire.

REVALORISATION DE LA VENTE

Pour garantir le pouvoir d’achat de sa rente viagère, le vendeur a tout intérêt à demander que soit intégrée, dans le contrat de vente, une clause d’indexation. Le choix est libre mais l’indice choisi est, en général, l’indice des prix à la consommation, série France entière ou série parisienne publié par l’Insee.

Ainsi, chaque année, à date fixe, la rente augmentera dans les mêmes proportions que le coût de la vie. Bien sûr, un autre indice comme celui de la construction peut également être choisi. Si rien n’a été prévu dans le contrat… pas de panique ! Il est tout à fait possible de revaloriser la pension selon un barème publié officiellement à la fin de chaque année. Mais attention, cette revalorisation s’adresse aux seules ventes en viager réalisées entre particuliers.

Exemple : Une rente annuelle, versée chaque trimestre, a été fixée à 10 000 € par an, le 20 octobre 1992. Le contrat stipule une indexation sur l’indice des prix à la consommation des ménages urbains, hors tabac, série France entière, au 1er novembre. L’indice de référence est celui de novembre 1992 dont la valeur s’établissait à 106,3. L’indexation de la rente est calculée comme suit :

• indice de novembre 1992 : 106,3

• indice de novembre 2003 : 108

Calcul de la rente à compter du 1er novembre 2003 : 10 000 x 108/106,3 = 10 159,92 € par an soit 2 539,98 € par trimestre.

GARANTIE DU PAIEMENT DES RENTES

Gare aux mauvais payeurs ! Les acquéreurs n’acquittant plus la rente risquent en effet de tout perdre ! Un arsenal de mesures défensives vient protéger efficacement le vendeur impayé.

Le privilège du vendeur

Si l’acheteur ne paie plus la rente viagère, tous ses biens peuvent être saisis et vendus. Si c’est le bien acheté en viager qui subit ce triste sort, le vendeur sera payé en priorité, par rapport à d’autres créanciers, sur le prix tiré de la vente. Il a donc la quasi-certitude de récupérer le montant des rentes impayées.

Des clauses de protection

Pour compléter sa protection, le vendeur a tout intérêt à faire insérer dans son contrat une clause dite « résolutoire » l’autorisant, en cas de non-paiement de la rente, à reprendre son bien pendant le délai précisé au contrat par les deux parties. Une autre clause prévoit souvent que les sommes déjà versées, correspondant au paiement de la rente (arrérages), restent acquises au vendeur ainsi que les travaux et améliorations apportés par l’acheteur s’il occupe un viager libre.

Dernière parade : le vendeur peut exiger une caution. L’acquéreur doit alors trouver une personne de son entourage qui s’engage à payer la rente à sa place, en cas de défaillance de sa part.

Bon à savoir :

  • Avec ces clauses particulièrement efficaces, l’acquéreur risque de tout perdre s’il ne paie plus les rentes. Ainsi, s’il pressent des difficultés durables, il peut envisager une revente du bien acheté en viager… une telle opération n’est, cependant, pas sans risque.
  • L’usufruit ne subit aucune modification lors d’une saisie-vente

Une hypothèque de premier rang est prise par le notaire le jour de la signature de la vente celle-ci est assortie du privilège de vendeur avec clause résolutoire, qui permet en cas de non-paiement de la rente la résiliation du contrat de vente et la conservation du comptant et des arrérages déjà perçus. Garantie très dissuasive. En cas de problème le propriétaire peut à tout moment céder son viager. Cette hypothèque enlève à l’acquéreur la possibilité de recourir à un crédit bancaire pour financer le  » bouquet « , puisque le banquier demande toujours une hypothèque de premier rang ;or, celle-ci est réservée au crédit rentier pour garantir sa rente.

Le calcul du prix de la rente est fixé librement entre les parties (article 1976 du code civil) et dépend :

  • De la valeur du bien libre
  • De l’âge du ou des vendeurs, de son sexe (de son espérance de vie)
  • Du montant du bouquet éventuel c’est à dire de la partie du prix non convertie en rente

Les taux sont libres (article 1976 du code civil), mais on peut se référer pour définir le montant de la rente aux tables des Compagnies d’assurances, des notaires ou celle de la caisse nationale de prévoyance.

LE VERSEMENT COMPTANT D’UNE PARTIE DU PRIX

N’est pas obligatoire. Si le crédit rentier veut percevoir immédiatement une partie du prix, comme c’est souvent le cas dans la pratique il est possible de prévoir le versement d’une somme appelée  » bouquet « . Cette somme ne devra pas en règle général dépasser 30% de la valeur occupée. Toutefois il est possible d’obtenir dans certains cas la totalité du prix payable au comptant.

VENTE OCCUPEE SANS RENTE

Dans ce genre de contrat l’occupant touche un capital représentant la totalité de la valeur occupée fiscale. Comme dans un viager il ne règle plus que ses charges locatives et la taxe d’habitation.

CERTIFICAT DE VIE

Article 1983 du code civil :  » Le propriétaire d’une rente viagère n’en peut demander les arrérages qu’en justifiant de son existence ou de celle de la personne sur la tête de laquelle elle a été constituée « . Pour éviter les formalités il peut être stipulé dans le contrat que le crédit rentier n’aura pas à fournir de certificat de vie tant qu’il percevra ses arrérages de rente sur simple quittance.

NULLITE DE LA VENTE DANS CERTAINS CAS

Article 1974 :  » tout contrat de rente viagère créée sur la tête d’une personne qui était morte au jour du contrat ne produit aucun effet « 

Article 1975 :  » Il en est de même du contrat par lequel la rente a été créée sur la tête d’une personne atteinte de la maladie dont elle est décédée dans les vingt jours de la date du contrat « . Ce qui exclue toute autre forme de décès (accident, suicide, autre maladie)

  • Prix insuffisant
  • Décès imminent du vendeur. Si l’acquéreur sait que le vendeur est atteint d’une maladie le condamnant à court terme, il aura la certitude de ne devoir verser la rente que très peu de temps, l’aléa du contrat disparaît alors, entraînant la nullité de la vente.

VENDRE A UN HÉRITIER OU A UN PROCHE

Rien n’interdit à des parents de vendre leurs biens à l’ensemble de leurs enfants ou à certains d’entre eux seulement. Si les parents vendent un immeuble en viager à l’un de leurs enfants, les autres pourront s’ils n’ont pas donné leur accord à l’acte, demander que cette vente soit considérée comme une donation (article 918 et 1968 s. du code civil) qui s’imputera d’abord sur la quotité disponible. Si la valeur du bien est supérieure à la quotité disponible, le surplus devra être rapporté à la succession. De surcroît si les rentes ne sont pas effectivement versées ou si le débit rentier n’est pas financièrement en mesure de les payer, l’administration fiscale veille. Nous conseillons d’éviter de vendre à des familiers ou à des proches car en cas de problème financier il est plus difficile de faire jouer la clause résolutoire.

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